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Encadrer les bioénergies

Lorsque l’on pense aux énergies renouvelables, on pense spontanément aux éoliennes et aux panneaux solaires. Mais saviez-vous que 50% des énergies renouvelables consommées en Europe étaient, en réalité, de la biomasse ?
En clair : du vivant issu de nos forêts ou de nos champs. Une pression croissante sur nos écosystèmes et un pari risqué pour le climat.

Encadrer les bioénergies

Lorsque l’on pense aux énergies renouvelables, on pense spontanément aux éoliennes et aux panneaux solaires. Mais saviez-vous que 50% des énergies renouvelables consommées en Europe étaient, en réalité, de la biomasse ? En clair : du vivant issu de nos forêts ou de nos champs. Une pression croissante sur nos écosystèmes et un pari risqué pour le climat.

Notre objectif

LES BIOÉNERGIES DOIVENT ÊTRE STRICTEMENT ENCADRÉES. LE BOIS ÉNERGIE DOIT ÊTRE LIMITÉ AUX SEULS CO-PRODUITS DE LA TRANSFORMATION DU BOIS, ET D’UNE SYLVICULTURE ÉCOLOGIQUE.

Une consommation massive, mais invisible

35 ans

C'est l'âge à partir duquel un arbre stocke le plus efficacement du carbone

Nous n’avons plus le temps de regarder pousser les arbres

Lorsque l’on brûle du bois, le carbone absorbé par l’arbre lors de sa croissance est relâché dans l’atmosphère. Cela participe à l’augmentation de la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. La dette carbone, c’est le temps nécessaire pour réabsorber une quantité équivalente de carbone. En France, la demande croissante en bois énergie entraîne une hausse de la récolte de bois et une dette carbone supérieure à 35 ans. (Source : Valade et Bellasen, 2020)

– 50%

C'est le pourcentage de réduction des émissions de gaz à effet de serre à atteindre d’ici 2030.

Si le bois est considéré comme une énergie renouvelable, c’est parce que le carbone émis lors de la combustion est censé être réabsorbé par la croissance de nouveaux arbres. Sauf qu’il faut plusieurs dizaines, voire centaines d’années si la forêt est âgée, pour réabsorber une quantité équivalente de carbone. Or, les scientifiques sont unanimes : c’est maintenant et drastiquement qu’il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cette déforestation provoque de plus une érosion importante de la biodiversité et menace d’extinction de nombreuses espèces: le Cerrado abrite 5% de la biodiversité mondiale et 4 800 espèces endémiques.

C’est aussi une catastrophe pour le climat. On estime que l’importation de soja du Brésil en France représente chaque année l’équivalent en CO2 de 400 000 voitures. La plupart de ses émissions sont liées à la destruction de la végétation du Cerrado.

Les biocarburants n’ont rien de bio

Au prétexte de verdir nos transports, nous utilisons des quantités massives de biocarburants. Ces “bio”carburants n’ont rien de vert. Pour les cultiver, il faut défricher des forêts ou cultiver de façon intensive des terres agricoles…et donc émettre des gaz à effet de serre. Plusieurs études montrent que le bilan carbone des biocarburants est souvent pire que celui des énergies fossiles. Surtout si l’on intègre les effets indirects, c’est-à-dire l’augmentation globale de la pression sur les terres pour répondre à cette demande énergétique qui explose.

Les biocarburants issus de déchets, un gisement trop limité

0,005%

C'est le pourcentage de vols de 1000 km en avion que l’on peut faire avec l’ensemble des huiles alimentaires usagées collectées en France.

Pour limiter la pression sur les terres, certains proposent de n’utiliser que des déchets pour fabriquer des biocarburants. Sauf que dans un écosystème, les déchets n’existent pas : il est essentiel pour la fertilité des sols de maintenir les branches des arbres en forêt et une partie de la paille dans les champs pour ne pas les épuiser. Les déchets, comme les huiles de cuisson usagées ou les coproduits de sciage des bois constituent un gisement limité et déjà largement mobilisé pour d’autres usages. Il est illusoire de vouloir bâtir des filières industrielles pour faire voler les avions avec ce type de biocarburants.

NOS SOLUTIONS

Réduire fortement notre consommation d’énergie

Il n’est pas possible d’imaginer passer d’une société basée sur la surconsommation d’énergies fossiles à une bioéconomie sans une réduction drastique de la consommation. Si les bioénergies intéressent autant les industriels, c’est qu’elles permettent de reconvertir des centrales à charbon ou des raffineries de pétrole en centrale à biomasse ou en bioraffinerie sans remise en cause de notre système énergétique.

Relocaliser notre production d’énergie

Toutes les énergies ont un impact. C’est pourquoi nous pensons que la priorité doit être donnée aux circuits courts et à l’implication citoyenne. Ainsi, nous soutenons des filières locales de bois énergie lorsqu’elles permettent de valoriser de vrais coproduits d’une sylviculture de qualité plutôt que des bois issus de coupes rases. Nous soutenons également un développement maîtrisé du photovoltaïque ou des éoliennes lorsqu’il ne se fait pas au détriment des écosystèmes ou des paysages.

Restaurer les forêts et la biodiversité dans les champs

Plutôt que de brûler les arbres, laissons les forêts vieillir et absorber du carbone. Plus une forêt est âgée, plus elle stocke du carbone dans ses arbres mais surtout dans son sol. Plutôt que de mobiliser des terres agricoles pour produire des biocarburants, laissons revenir les arbres au milieu des champs et faisons évoluer les pratiques agricoles. Cette stratégie de restauration des écosystèmes est sans doute la plus efficace et la plus rapide pour absorber rapidement du carbone et mettre fin à l’érosion de la biodiversité.

Nos demandes

#1

Ne pas augmenter la récolte de bois pour des usages énergétiques

La forêts souffre avec les premiers effets des changements climatiques et sa croissance ralentie. Le puits de carbone est en baisse. Augmenter la récolte n’est pas la solution. A récolte constante, nous proposons plutôt d'accroître la part des produits bois à longue durée de vie avec une transformation sur notre territoire.

#2

Réorienter les aides publiques au bois énergie vers la gestion forestière et le soutien aux scieries

Plus de 50% des soutiens publics à la filière forêt-bois vont au bois énergie (Cour des Comptes, 2020). Nous proposons de réorienter ces aides vers une gestion forestière plus écologique, productrice de bois de qualité et un soutien aux petites et moyennes scieries de feuillus.

#3

Mettre fin aux incitations à incorporer des biocarburants dans les transports

C’est au niveau européen, dans le cadre de la directive sur les énergies renouvelables, que sont fixées les règles encadrant les bioénergies. En coalition avec de nombreuses ONGs, nous proposons des critères plus stricts pour encadrer les bioénergies comme de distinguer clairement les matières premières ayant un impact sur les écosystèmes, de celles produites par la transformation des bois ou par l’industrie agroalimentaire. Nous agissons également au niveau français pour faire évoluer les règles fiscales encourageant l’incorporation de bioénergies. C’est en agissant sur ce levier que nous avons réussi à exclure l’huile de palme des biocarburants, ce qui représentait 75% de notre consommation.

#4

Bloquer les investissements privés dans les bioénergies

Les acteurs financiers privés (banques, assurances, investisseurs…) jouent un rôle clé dans le développement des bioénergies. Nous informons ces acteurs des risques associés à ces filières et nous les interpellons pour mettre en place des critères stricts d’investissement.

Les temps forts de cette campagne

Encadrer les bioénergies

500 scientifiques alertent sur le bois énergie

Le bois énergie est souvent présenté comme une solution au défi énergétique de notre temps.

Un collectif de scientifiques et d’économistes signent une lettre ouverte pour expliquer pourquoi brûler du bois plutôt que des énergies fossiles dans le but de produire de l’énergie comporte un risque réel pour le climat.