Communiqué de presse
Communiqué de presse alertant sur les conséquences de l’accord UE-MERCOSUR pour les forêts mondiales et le climat.

Accord UE–MERCOSUR : une bombe climatique et sociale à désamorcer d’urgence  

Communiqué de presse alertant sur les conséquences de l’accord UE-MERCOSUR pour les forêts mondiales et le climat.

Publié le Rédigé par Canopée

Angers, le 13 octobre 2025. Alors que la mobilisation contre la ratification de l’accord UE-MERCOSUR ne faiblit pas en France, avec notamment l’appel de la Confédération paysanne à une grande manifestation mardi 14 octobre à Paris, nous tirons une fois encore la sonnette d’alarme sur les conséquences potentielles de cet accord sur les forêts mondiales.

En effet, cet accord n’est pas un seulement catastrophique pour les élevages européens, c’est une véritable bombe à retardement pour les forêts et le climat.  

Depuis un quart de siècle, l’UE et le Mercosur négocient une libéralisation massive du commerce qui suscite de nombreuses inquiétudes. Pour essayer de répondre aux critiques faites à l’accord, la Commission européenne vient de publier une nouvelle étude d’impact. Les conséquences pour les forêts y sont très largement sous-estimées. Notre analyse le montre : l’accord conduirait à la disparition d’au moins 700 000 hectares dès son entrée en vigueur, et les dégâts ne s’arrêtent pas là. Le mécanisme de “rééquilibrage”1 prévu dans la version finale ouvre la voie à près de 70 000 hectares de plus chaque année, soit un doublement de l’impact de l’accord en 10 ans

Pour Klervi Le Guenic, chargée de campagne senior forêts tropicales à Canopée Forêts vivantes :  

« Ce traité, sous couvert de l’ouverture de marchés, sape les garde-fous environnementaux prévus dans le droit européen. Le mécanisme de rééquilibrage dissuade toute autorité nationale de sanctionner les produits importés, sous la menace de recours. L’accord lie l’évaluation des risques de déforestation à des concessions commerciales, privant les États de la liberté d’appliquer leurs normes. Autrement dit, on exporte la destruction d’un côté, et on importe l’impunité de l’autre. » 

La ratification de l’accord dépend du Parlement européen et des États membres. C’est maintenant ou jamais que peut être mis un frein à cette folie. Nous appelons donc le gouvernement français et les députés européens à maintenir une position ferme de rejet de l’accord.