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Bois énergie : Stop aux usines Biosyl !

Le point sur notre campagne contre l'entreprise Biosyl, qui fabrique des granulés de bois à partir de coupes rases de forêts de feuillus.

Publié le Rédigé par Canopée

Biosyl est une entreprise française qui fabrique des granulés de bois pour le chauffage. Les révélations de Canopée prouvent que cette entreprise utilise du bois issu de coupes rases et fait partir en fumée des chênes centenaires.

Usine Biosyl dans la Nièvre © Jean-Luc Luyssen

Chronologie de la campagne de Canopée pour freiner Biosyl. 👇

7 février 2024 : Canopée dépose un premier recours en justice contre le permis de construire de Biosyl à Guéret

Le permis de construire de Biosyl à Guéret pourrait bien être annulé, voici pourquoi.

Le permis de construire pour l’usine Biosyl a été attribué le 14 décembre 2023. Comme pour toute décision de ce type, un recours juridique est possible dans un délai de 2 mois.

France Nature Environnement Creuse et Canopée déposent un recours le 7 février 2023. Le permis de construire n’aurait jamais dû être délivré pour plusieurs raisons :

  • La zone sur laquelle l’usine souhaite s’implanter comprend une zone humide, que Biosyl a omis de signaler à la Mairie de Guéret lors de sa demande de permis de construire ;
  • Le projet nécessite une étude d’impact, car l’opération d’aménagement est supérieure à 10 hectares. Pourtant, aucune étude n’a été réalisée ;
  • Plusieurs autres raisons seront révélées plus tard dans la procédure.

La Mairie de Guéret dispose d’un délai de 2 mois pour répondre à ce recours : soit jusqu’au 7 avril.

Affaire à suivre…

30 janvier 2024 : La préfète refuse de soumettre le projet à consultation publique

Canopée annonce immédiatement qu'un recours sera dépose contre cette décision

Anne Frackowiak-Jacobs, la préfète de la Creuse, aurait pu enclencher une procédure « d’autorisation » pour l’installation de la nouvelle usine Biosyl. Cette procédure aurait permis une consultation du public et une étude des impacts sur l’environnement.

Mais elle préfère donner son feu vert immédiat pour le projet, contre l’avis du conseil municipal de Guéret.

Dans une interview donnée pour France Bleu dans laquelle elle justifie son choix, elle reprend l’argumentaire des lobbies de l’exploitation forestière, et explique qu’une « forêt qui n’est pas entretenue dépérit », ce qui ne repose sur aucun fondement scientifique.

28 janvier 2024 : Le directeur de Biosyl refuse de participer au grand débat à Guéret

La chaise d'Antoine de Cockborne est restée vide, des centaines de personnes en sont témoins.

Le projet de nouvelle usine de granulés de bois à Guéret fait polémique.

L’impact que pourrait avoir le prélèvement de 130 000 tonnes de bois de feuillus supplémentaires chaque année par Unisylva et la CFBL, deux entreprises dont les coupes rases sont décriées, est grave. Mais la préfète de la Creuse a choisi de ne pas demander d’étude d’impact environnemental pour ce projet, et d’acter une simple procédure dite « d’enregistrement » du projet.

Les habitantes et habitants de la Creuse sont furieux : 22 associations et collectifs se réunissent et décident d’organiser une conférence à Guéret pour alerter sur les impacts de ce projet.

Parmi les intervenants, on compte Sylvain Angerand, le coordinateur des campagnes de Canopée, Hans Kreusler, un gestionnaire forestier indépendant Creusois et Corinne Ferrarons, représentante du Groupe Forêt du Syndicat de la Montagne Limousine.

Antoine de Cockborne, le dirigeant de Biosyl, Eric Correia, le Président de l’Agglomération du Grand Guéret et Benoît Rachez, le directeur général d’Unisylva ont été invités à cette conférence mais ils ne souhaitent pas y participer. Leurs chaises restent vides.

La salle est comble (entre 400 et 500 personnes présentes) et les médias comme le journal local La Montagne se font le relai de cette mobilisation.

Novembre 2023 : Biosyl prévoit l'ouverture d'une usine supplémentaire en Creuse

Un document interne fuite et révèle des informations très inquiétantes.

Un document confidentiel de Biosyl, qui a fuité, révèle que l’entreprise souhaite ouvrir une nouvelle usine à Guéret. Cette usine s’approvisionnerait dans un rayon de 100 à 150 kilomètres autour de Guéret, et consommerait 140 000 mètres cubes de bois feuillu chaque année.

Selon nos informations, les deux sociétés chargées de la majorité de l’approvisionnement seraient Unisylva (la même entreprise qui approvisionne l’usine de Biosyl à Cosne-sur-Loire avec du bois issu de coupes rases) et la Coopérative Forestière Bourgogne Limousin, responsable elle aussi de plusieurs coupes rases, comme cette coupe révélée par Canopée au journal de 20 heures de France 2.

Le problème : les forêt limousines, en particulier les forêts du Plateau de Millevaches, font déjà l’objet d’une exploitation forestière très intense.

C’est ce que l’on peut voir par exemple sur cette vidéo, qui montre des coupes rases d’arbres centenaires pour la production de bois-énergie :

23 mars 2020 : Le directeur de Biosyl revient sur sa parole

Sa promesse était pourtant claire et assumée face caméra, mais il se rétracte par écrit.

Antoine de Cockborne, le directeur de Biosyl, décide de ne pas honorer sa promesse d’arrêter de s’approvisionner avec du bois issu de coupes rases.

C’est ce qu’il explique dans une lettre adressée à Canopée : « Dans le débat qui oppose différents experts sur l’utilité des coupes rases, Biosyl s’en remet au droit et aux pratiques partagées pour une gestion durable des forêts (certification PEFC). »

En clair : Tant que les coupes rases seront légales et acceptées par le label PEFC, Biosyl continuera à s’approvisionner en bois issu de coupes rases.

Pourtant, l’engagement d’Antoine de Cockeborne était limpide :

Hugo Clément : « Vous pouvez vous engager aujourd’hui à ne plus acheter de bois qui provient de coupes rases, et à vérifier la provenance de vos bois ? »

Antoine de Cockeborne : « Je n’ai aucune envie d’aller vers une exploitation qui détériore la forêt. Aucune envie ! Maintenant, je vais être beaucoup plus sensibilisé. Et je peux m’engager, vraiment, sur ce point là. »

4 juin 2020 : Une action engagée met Biosyl sous le feu des projecteurs

2 millions de téléspectateurs sont témoins des pratiques de Biosyl.

Le bois issu de coupes rases dans le Morvan est envoyé à l’usine Biosyl de Cosne-sur-Loire. Sur le papier, il s’agit d’offrir un débouché aux bois d’éclaircies et de n’utiliser que des résidus d’exploitation (comme les grosses branches des houppiers), mais pas d’arbres entiers qui pourraient fournir du bois d’oeuvre.

20 activistes de Canopée, SOS Forêt et ANV-COP21 Nevers choisissent donc d’entrer sur le parc à bois de l’usine Biosyl pour vérifier la qualité des bois entreposés.

Le résultat est sans appel : sur le parc à bois s’accumulent des chênes, des hêtres, du charme, du frêne de toutes tailles et de toutes qualités. À l’arrière de l’usine, trois piles de 50 mètres de longueur et de 3 à 4 mètres de hauteur, de chênes centenaires, avec des diamètres compris entre 40 et 90 cm. Certains arbres sont troués mais de nombreuses billes sont de qualité bois d’œuvre comme le prouvent ces photos :

Une grume de chêne de 90cm, sans défauts majeurs, identifiée sur le parc à bois de Biosyl.
Une des quatre piles de hêtres et de chênes de 50 à 90 cm de diamètre, identifiés sur le parc à bois de Biosyl. Là aussi, certains arbres sont troués, d’autres commencent à griser avec le temps mais beaucoup auraient été exploitables en bois d’oeuvre.

Le directeur de Biosyl, M. de Cockborne, réagit immédiatement à l’interpellation de Canopée. Il explique qu’il fait confiance à son fournisseur, Unisylva, et à la certification PEFC. Visiblement embarrassé, il prétend ne pas savoir que des piles de chênes centenaires s’accumulent sur son parc à bois et s’engage, face caméra, à ne plus se fournir en bois issus de coupes rases.

Un engagement dont seront témoins les 2 millions de téléspectateurs de l’émission Sur le Front de Hugo Clément, qui était présent sur place pendant l’action.

17 novembre 2019 : Un lancement de campagne spectaculaire

500 personnes se réunissent sur une coupe rase pour une idée originale.

Réunir 500 personnes et 30 collectifs dans un lieu tenu secret au cœur du Morvan n’est pas une mince affaire.

Mais les coupes rases se multiplient dans cette région, et les habitantes et habitants sont déterminés à mettre fin à ces pratiques qui entrainent une profonde transformation des paysages et participent à l’érosion de la biodiversité.

C’est pourquoi des centaines d’habitants ont choisi de se rendre sur une parcelle forestière privée, récemment rasée, pour former le mot « STOP ! » vu du ciel.

La coupe rase choisie est particulièrement grave : le bois issu de cette coupe rase partira en fumée. Il sera en effet envoyé à l’usine Biosyl de Cosne-sur-Loire, qui fabrique des granulés de bois.

Cette parcelle a été exploitée par la coopérative forestière Unisylva. Cette coopérative regroupe aujourd’hui plus de 13 000 propriétaires forestiers et est implantée en Auvergne, Bourgogne, Centre, Val-de-Loire et Limousin.

Unisylva justifie cette coupe rase en expliquant que le peuplement existant était « un taillis dégradé en qualité et en croissance, sans avenir ». Cet argument est très contestable : l’analyse des souches et des arbres laissés sur place montrent que ce sont des arbres, pour la plupart sains, qui ont été coupés.

Certes, certains présentent des défauts ne permettant pas de les exploiter en bois d’œuvre mais ce n’est pas le cas de tous comme le prouvent ces quelques photos :

Des grumes de chênes et de merisiers, de 40 à 80 cm de diamètre, sans défaut apparent, identifiés sur une parcelle rasée par Unisylva (Marigny l’Église, 58). Le chêne, en haut à gauche, a environ 200 ans (cernes visibles).

La campagne est lancée, et l’adversaire identifié : Biosyl.

Signez la pétition contre le projet Biosyl à Guéret

Opposez-vous à la nouvelle usine de production de granulés de bois à Guéret (Creuse)

Je signe la pétition