Méthodologie d’analyse de la dynamique des coupes rases par suivi satellitaire
Ce rapport décrit la méthodologie utilisée pour suivre et analyser la dynamique des coupes rases à l’aide de l’imagerie satellitaire.
Cette publication prolonge le travail engagé avec L’Observatoire des coupes rases en présentant de manière détaillée la méthode de suivi mise en œuvre pour identifier et analyser les coupes rases.
Le suivi quantitatif et spatialisé des coupes rases constitue un enjeu méthodologique majeur pour documenter l’ampleur, la dynamique temporelle et la distribution territorialede cette pratique.
Ce rapport présente une méthodologie de détection par télédétection satellitaire visant à établir un suivi annualisé des coupes rases en France hexagonale sur la période mi-2018 à mi-2024, à partir d’indicateurs dérivés de la hauteur de la végétation.
L’approche repose sur l’exploitationdes produits issus de la méthode FORMS-T, qui combine des données radar (Sentinel-1), optiques (Sentinel-2) et LiDAR spatial (GEDI) au sein d’unmodèle d’apprentissage profond afin de produire des cartes annuelles de hauteur à une résolution de 10 mètres.
Dans ce cadre, une coupe rase a été définie opérationnellement dans cette approche par deux critères : une diminution de hauteur supérieure ou égale 5 mètres entre deux saisons feuillues successives, interprétée comme une perturbation significative, et une hauteur médiane résiduelle inférieure ou égale à 8 mètres après perturbation, seuil calibré par analyses de sensibilité, confrontation à des observations de terrain et cohérence sylvicole. Cette définition vise à approcher au mieux la disparition de la quasi-totalité du couvert à l’échelle spatiale considérée, sans prétendre inférer l’intention sylvicole (type de coupe, transformation,défrichement) que la télédétection ne permet pas de discriminer directement.
Le présent document détaille l’enchaînement des traitements (cartes dehauteur, détection des diminutions de hauteur, vectorisation, filtrages, croisement avec des référentiels forestiers, exclusion partielle des incendies, puisconstruction des indicateurs), ainsi que les hypothèses, paramètres et limites associés. Il vise à rendre les résultats reproductibles, à expliciter les arbitrages méthodologiques et à cadrer l’interprétation : l’objectif principal est la production d’ordres de grandeur robustes et comparables dans le temps, plutôt qu’une mesure exhaustive et précise des surfaces effectivement rasées.