Communiqué de presse
Des activistes de l’association Canopée Forêts Vivantes sont restés cinq heures durant, enchaînés à des blocs de bétons, devant l’usine Sylvamo, à Saillat-sur-Vienne (Haute-Vienne).

Après 5h de blocage de l’usine du géant américain Sylvamo, Canopée obtient l’ouverture de négociations sur la protection des espèces.

Des activistes de l’association Canopée Forêts Vivantes sont restés cinq heures durant, enchaînés à des blocs de bétons, devant l’usine Sylvamo, à Saillat-sur-Vienne (Haute-Vienne).

Publié le Rédigé par Canopée

Saillat-sur-Vienne (87), le 15 octobre 2026, 16h30.

Des activistes de l’association Canopée Forêts Vivantes sont restés cinq heures durant, enchaînés à des blocs de bétons, devant l’usine Sylvamo, à Saillat-sur-Vienne (Haute-Vienne). A la mi-journée, une quarantaine de camions étaient bloqués, dans l’impossibilité de livrer du bois. La direction de l’entreprise s’est finalement engagée par écrit à recevoir l’association la semaine prochaine.

Arrivés à 9h ce jeudi 15 octobre, les activistes se sont installés dans le calme et sans violence sur la voie d’accès des grumiers, enchaînés à des blocs de béton de plus de 80 kg de type « arms-locks ». Plus de 200 camions livrent le site chaque jour.

Canopée demande la transparence et l’application de la loi  
Les activistes ont demandé à rencontrer la direction de l’usine, et réclament :

  • Que Sylvamo exige de ses fournisseurs un minimum de diligences avant toute coupe (consultation des bases de données naturalistes, réalisation d’inventaires des espèces protégées) afin d’identifier les risques et de prévenir les atteintes à ces espèces et à leurs habitats ;
  • Que Sylvamo publie sur son site internet l’origine du bois acheté, en précisant les communes et les références cadastrales des parcelles dont il provient ;
  • Que le gouvernement donne aux préfets et à l’OFB des instructions claires pour faire respecter la réglementation relative aux espèces protégées et à leurs habitats lors des travaux forestiers.

Un gîte de chauves-souris détruit malgré des alertes répétées

Canopée a alerté Sylvamo à plusieurs reprises par e-mail du risque d’atteintes à des gîtes d’espèces protégées lors de chantiers forestiers menés par sa filiale d’exploitation, « Les comptoirs de Brive », ou ses fournisseurs.  Malgré la transmission d’inventaires naturalistes précis et sans équivoque, et des appels à suspendre les coupes sur le terrain et publiquement sur les réseaux sociaux, Sylvamo a continué ces chantiers entre juillet et septembre 2026, avec pour conséquences la destruction d’habitats d’espèces protégées.
Sur la commune de Saint-Sulpice-le-Guérétois (lieu-dit Bois Chardet), dans la Creuse, un gite de Barbastelles (chauve-souris) a été détruit. L’atteinte aux espèces protégées est un délit passible de trois ans d’emprisonnement et de 150 000€ d’amende par l’article 415-3 du code de l’environnement.
Une plainte a été déposée le 8 octobre 2026 auprès de la Procureure de la République du tribunal judiciaire de Guéret (23) et au pôle régional spécialisé en matière d’atteintes à l’environnement du tribunal judiciaire de Limoges (87).

Une action non violente, dans un contexte de recul réglementaire

Bruno Doucet, chargé de campagne de Canopée, déclare : « Nous avons tenté le dialogue pendant des mois, sans résultat. Nous déplorons cette situation qui ne fait qu’accentuer les tensions avec les riverains. Nous appelons l’entreprise à respecter la loi, et l’État à la faire appliquer. 

L’action, résolument non-violente, s’inscrit dans un contexte de simplification du régime de protection des espèces protégées, en cours de négociation à Bruxelles, dans le cadre du paquet Omnibus environnemental. La France a demandé d’assouplir les règles pour les « travaux de gestion forestières », comme l’a révélé Contexte.

Le dialogue s’ouvre enfin, après cinq heures de blocage

En fin de matinée, des chauffeurs, excédés par l’attente, ont tenté de déloger par la force les militants en poussant le camion qui bloquait l’accès à l’une des balances du site, provoquant l’intervention des gendarmes.  Le calme est vite revenu, et la direction de Sylvamo s’est engagée par écrit, dans un mail, à rencontrer les membres de Canopée la semaine suivante. Canopée a levé le blocus vers 14h, et la quarantaine de camions ont pu reprendre leurs livraisons.

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