Communiqué de presse
Revêtus de combinaisons blanches de la police scientifique, une douzaine d’activistes ont débarqué sur le stand de SCA, au Carrefour International du Bois (CIB) à Nantes.
Revêtus de combinaisons blanches de la police scientifique, les activistes de Canopée ont débarqué par surprise sur le stand de SCA, au Carrefour International du Bois, à Nantes.

Forêts suédoises : Canopée enquête sur les pratiques illégales du géant SCA et affiche ses preuves au Carrefour International du Bois (CIB)

Revêtus de combinaisons blanches de la police scientifique, une douzaine d’activistes ont débarqué sur le stand de SCA, au Carrefour International du Bois (CIB) à Nantes.

Publié le Rédigé par Canopée

Nantes, le 4 juin 2026 – Canopée a organisé une action au Carrefour International du Bois à Nantes, Ce jeudi 4 juin, sur le stand de SCA (Svenska Cellulosa Aktiebolaget), plus grand propriétaire forestier privé d’Europe. L’ONG apporte les preuves collectées lors d’une mission de terrain en Suède au mois de mai : des coupes rases dans des forêts à haute valeur de conservation, des grumes de plus de 180 ans dans des parcs à bois destinés à l’export… Autant d’éléments qui contredisent le label FSC affiché sur les produits de l’entreprise, commercialisés notamment sous la marque Silverwood, dans les grandes surfaces de bricolage françaises.

Revêtus de combinaisons blanches de la police scientifique, une douzaine d’activistes ont débarqué à 9h30 sur le stand de SCA, dans le Hall XXL du parc des expositions de Nantes, et ont entrepris de l’entourer d’une rubalise jaune siglée « FOREST CRIME SCENE – DO NOT CROSS ». Sous les regards étonnés des visiteurs et autres exposants du salon, ils ont ensuite dévoilé les preuves récoltées sur le terrain, en Suède, sous forme de stickers collés sur le stand et tout autour. Une banderole a été déroulée devant le stand, avec inscrit : « Déforestation en Suède, la France complice ».

Au même moment, Canopée a mis en ligne sur sa chaine YouTube une vidéo enquête réalisée en collaboration avec l’ONG suédoise Protect the Forest (Skydda Skogen).

Cette dernière publiait en 2024 un rapport, accablant pour l’entreprise, documentant plus de 500 cas problématiques. Face à ces éléments, SCA se défend en qualifiant chaque cas d’ « erreur individuelle ». Une thèse que l’enquête des équipes de Canopée, menée en partenariat avec de Skydda Skogen, dément.

Les constats de cette mission recoupent les conclusions du rapport.

Canopée a visité dix forêts dans lesquelles des coupes rases ont été réalisées alors qu’elles avaient une forte valeur de conservation.

Cinq parcs à bois ont été inspectés, dont celui d’une scierie qui exporte vers la France, et dans lesquels ont été trouvé des grumes âgées de plus de 180 ans. Ces éléments contredisent formellement la thèse des « erreurs isolées » avancée par l’entreprise et confirment le caractère systématique des pratiques documentées par nos collègues suédois. Canopée a aussi pu mesurer les conséquences directes de ces coupes rases pour les Samis, peuple autochtone du Nord, dont le mode de vie d’éleveurs de rennes dépend de ces forêts.

Face à ces éléments, L’ONG a cherché à obtenir une réponse de SCA. Le 9 mai 2026, à Umeå, en se rendant à une foire forestière où l’entreprise avait un stand pour solliciter un échange direct. Sans succès. A la demande de l’entreprise, une demande formelle par mail a ensuite été adressée, posant notamment la question de la présence de bois de plus de 180 ans dans leurs parcs à bois. L’entreprise a finalement décliné et a choisi de ne donner aucune réponse à ces éléments factuels.

C’est pourquoi, le jeudi 4 juin à 9h30, Canopée a organisé une action d’interpellation au Carrefour International du Bois à Nantes, où SCA tenait un stand. L’action consistait à reconstituer une scène de crime forestier sur le stand de l’entreprise, avec les preuves collectées lors de notre mission. La France figure dans le top 10 des marchés de SCA, dont les produits sont commercialisés sous la marque Silverwood dans les grandes surfaces de bricolage. L’objectif est d’interpeller distributeurs et consommateurs : acheter du bois d’origine suédoise, c’est aujourd’hui prendre le risque de contribuer à la destruction des dernières forêts naturelles d’Europe.

Cette action s’inscrit dans un contexte politique plus large. La Suède figure parmi les États membres les plus actifs à Bruxelles pour bloquer les législations européennes visant à mieux protéger les forêts : réglementation sur la déforestation, objectifs de biodiversité, règles sur les puits de carbone. Depuis la visite d’État d’Emmanuel Macron en Suède les 30 et 31 janvier 2024, au cours de laquelle la forêt avait été identifiée comme l’un des secteurs prioritaires du rapprochement franco-suédois, les deux filières entretiennent des échanges réguliers, notamment via les ambassades. Ce rapprochement concret entre les industries forestières françaises et suédoises risque d’aligner la France sur une position qui s’oppose aux ambitions européennes de protection des forêts naturelles.

Contacts presse :

Sylvain Angerand, fondateur de Canopée
07 51 69 78 81