Actions

La forêt face au système Alliance Forêts Bois

Le point sur la campagne depuis la publication de notre enquête.

Publié le Rédigé par Canopée

Alliance Forêts Bois est la plus grande coopérative forestière française. Elle a bâti son modèle sur les coupes rases et les plantations peu diversifiées, comme le révèle notre enquête.

L’objectif de la campagne lancée par Canopée : réduire l’influence d’Alliance Forêts Bois auprès du gouvernement et faire changer les pratiques de l’entreprise.

Chronologie de la campagne et de son impact 👇

9 février 2024 : Alerte coupe rase de chênes par Alliance Forêts Bois

Alliance Forêts Bois communique de plus en plus sur les réseaux sociaux pour verdir son image… mais les actes ne suivent pas.

Des habitantes et habitants de l’Indre et de la Vienne déplorent plusieurs coupes rases de feuillus injustifiées par Alliance Forêts Bois en ces premiers mois de 2024. Ils alertent Canopée : nous nous rendons sur place pour constater les dégâts.

Si Alliance Forêts Bois est bel et bien sous pression, la coopérative n’a pris aucun engagement concret pour faire cesser les coupes abusives.

5 décembre 2023 : Une grande victoire d'étape pour nos forêts !

Air France met fin à son partenariat avec Alliance Forêts Bois : coup dur pour le portefeuille de la coopérative.

Air France est obligé par la loi de « compenser » les émissions de certains de ses vols. Pour cela, Air France prévoyait un partenariat avec Alliance Forêts Bois, qui propose de planter des arbres… sans garantir que ces arbres ne soient pas plantés sur des coupes rases.

Le montant du partenariat : plus de 20 millions d’euros. Soit 10% du chiffre d’affaires d’Alliance Forêts Bois.

Mais suite aux alertes de Canopée, Air France choisit de ne retenir aucune proposition de projet impliquant Alliance Forêts Bois.

Une excellente nouvelle pour la santé de nos forêts françaises !

Regardez la vidéo de cette grande victoire !

15 novembre 2023 : Une action engagée pour faire tomber Orange

Orange, l'un des derniers gros financeurs d'Alliance Forêts Bois, refuse de prendre nos alertes au sérieux… Plus pour longtemps !

Malgré plusieurs lettres recommandées, appels téléphonique au standard de Orange et messages aux responsables RSE (Responsabilité sociale des Entreprises) de Orange sur LinkedIn, l’entreprise se contente de nous expliquer, qu’elle entretient bien un partenariat avec Alliance Forêts Bois.

Orange se présente comme l’un des partenaires principaux d’Alliance Forêts Bois, et s’affiche publiquement avec l’entreprise :

Le 15 novembre 2023, des militants de Canopée se réunissent dans 7 villes de France, au même moment, pour une action coordonnée dans les boutiques Orange. L’objectif : alerter les clients sur la complicité de Orange avec les coupes rases d’Alliance Forêts Bois.

8 novembre 2023 : Une loi pour encadrer les coupes rases et les pratiques des coopératives

Enfin ! Des députés de 6 partis différents proposent une loi qui pourrait bien changer la donne.

En parallèle de sa campagne pour dénoncer les pratiques d’Alliance Forêts Bois, Canopée s’engage auprès des parlementaires pour encadrer les coupes rases par la loi.

Après des mois de négociations, les efforts de Canopée aboutissent enfin : une proposition de loi est co-signée par des députés de 6 partis politiques : le MoDem, Horizons, La France Insoumise, le Parti Socialiste, les Verts et Libertés & Territoires.

Si cette loi est adoptée, elle permettrait non seulement l’encadrement des coupes rases (article 3) mais aussi de « rétablir un meilleur équilibre entre coopératives et gestionnaires forestiers indépendants » et de « s’assurer que la gestion et l’exploitation forestière ne sont pas principalement dictées par un impératif de rentabilité économique, au détriment de la gestion durable des milieux forestiers » (article 11).

Lire l’analyse complète de Canopée sur cette proposition de loi.

25 octobre 2023 : Des scientifiques et forestiers prennent position dans le journal Le Monde

Les principaux arguments d'Alliance Forêts Bois sont contrés par plus de 800 signataires de renom.

Une tribune coordonnée par Canopée et signée par plus de 800 scientifiques, professionnels de la filière forêt-bois et représentants associatifs met le doigt là où ça fait mal pour Alliance Forêts Bois : face au changement climatique, la politique forestière doit s’appuyer sur les écosystèmes, plutôt que raser les forêts existantes pour les remplacer par des plantations.

Alliance Forêts Bois utilise en effet le prétexte du changement climatique pour justifier les coupes rases et les plantations de résineux, plus adaptés à la demande industrielle.

Face au réchauffement climatique, « le pin maritime, c’est magique » affirme ainsi Stéphane Viéban dans une interview donnée en septembre 2022 au micro de France Bleu Gironde.

Mais l’hypothèse selon laquelle des essences locales comme le hêtre ou le
chêne pédonculé seraient inexorablement condamnées par le réchauffement
climatique en France est fragile.

Guillaume Decocq, docteur en botanique, et Serge Muller, professeur du muséum
national d’Histoire naturelle, dénoncent en effet ce postulat. Dans une tribune
publiée sur le site The Conversation, ils expliquent que certains « considèrent
un peu hâtivement que les essences indigènes ne sont plus adaptées au « nouveau » climat. Cette vision fixiste du monde vivant oublie que les essences forestières européennes ont déjà connu bien des changements climatiques (notamment un Petit Âge glaciaire et un Optimum médiéval). Pire, elles ignorent nombre de travaux scientifiques récents qui mettent en lumière des capacités d’adaptation insoupçonnées des arbres ».

Plutôt que de condamner a priori les essences actuelles, il serait, au contraire,
indispensable de renforcer la recherche en écologie fonctionnelle pour mieux
comprendre les mécanismes de résistance et de résilience qui existent dans des peuplements diversifiés.

24 octobre 2023 : un premier financeur lâche Alliance Forêts Bois !

Cette entreprise sera la première d'une longue liste à se désengager du partenariat avec Alliance Forêts Bois.

Notre action d’interpellation a commencé depuis 1 jour seulement : et voici la première lettre d’une entreprise qui met fin à son partenariat avec Alliance Forêts Bois.

Et ce n’est pas n’importe laquelle : RemovAll Carbon comptait s’engager avec Alliance Forêts Bois à hauteur de 528 475 euros.

Il s’en sera rien : dans son courrier, RemovAll indique : « nous avons décidé de ne pas poursuivre notre projet de collaboration avec AFB ».

Suite à cette annonce, bien d’autres entreprises mettent elles aussi fin à leurs partenariats : ce sera le cas, en quelques jours, de Nestlé, JC Decaux, Louis Vuitton, Corte Gusto, Herta ou encore Néolia.

23 octobre 2023 : une armée de bénévoles alerte les financeurs d'Alliance Forêts Bois

3000 personnes passent à l'action pour informer les financeurs d'Alliance Forêts Bois et de son fonds de dotation Plantons pour l'Avenir.

L’action de Canopée sur salon ProDurable en septembre 2023 a révélé un fort intérêt des financeurs sur les véritables activités d’Alliance Forêts Bois.

Les entreprises qui mettent sur pied des partenariats avec Plantons pour l’Avenir, le fonds de dotation piloté par Alliance Forêts Bois, ou bien avec directement avec Alliance Forêts Bois à travers le Label Bas Carbone, cherchent à verdir leurs pratiques. Alliance communique sur le nombre d’arbres plantés, mais oublie de montrer l’envers du décor : des coupes rases abusives et des plantations peu diversifiées.

Lors de l’action sur le salon ProDurable, Canopée a pu échanger directement avec plusieurs entreprises finançant Plantons pour l’Avenir : ces entreprises nous ont remerciés pour nos alertes.

Canopée a donc envoyé une lettre recommandée à l’ensemble des partenaires d’Alliance Forêts Bois et de Plantons pour l’Avenir. La lettre redirigeait vers notre enquête et proposait une prise de rendez-vous avec Canopée.

Mais peu d’entreprises ont réagi à ce premier courrier. C’est pourquoi nous avons  choisi de passer à l’étape suivante : proposer à toutes les personnes intéressées par la sauvegarde des forêts d’interpeler les financeurs d’Alliance Forêts Bois. Un outil d’interpellation est alors mis en ligne sur le site de Canopée. Les entreprises concernées : Air France, RemovAll, Orange, Bel, Engie, Antemeta, Matooma, Louis Vuitton, Air Corsica, Prologis, Tageos, JC Decaux, Netto, DIM, Toyota, Herta, Decathlon, Nestlé, CDiscount, Corte Gusto, Neolia, Dalkia, John Deere, le Crédit Agricole Assurances ou encore le Crédit Mutuel.

3000 bénévoles de Canopée contactent ces entreprises, par le biais de mails ou d’appels téléphoniques.

16 octobre 2023 : Alliance Forêts Bois tente une contre-attaque

Alliance Forêts Bois publie un communiqué mensonger à l'encontre de Canopée : ce coup bas les mènera devant la justice.

Alliance Forêts Bois sent bien que les critiques de Canopée commencent à faire mouche : plusieurs partenaires l’ont lâché ces derniers jours. Mais plutôt que de répondre sur le fond, Alliance choisit la diffamation et publie un communiqué mensonger.

Dans ce communiqué, l’Union de la Coopération Forestière Française accuse Canopée d’être en lien avec une « menace de mort ». Derrière l’Union de la Coopération Forestière Française se cache Alliance Forêts Bois, partie prenante de cette Union qui a rapidement partagé ce communiqué sur ses réseaux sociaux.

Pour motiver son communiqué, Alliance Forêts Bois se réfère à un événement qui s’est déroulé en marge de l’action de Canopée du 13 septembre 2023, sur le salon ProDurable.

Un des salariés de la coopérative forestière Alliance Forêts Bois présent sur place, et avec qui nous avions échangé cordialement tout au long de cette action, était en effet venu se plaindre de menaces proférées par un passant. Mais ce passant ne faisait aucunement partie de l’équipe de Canopée et nous était complètement inconnu. Il ne portait pas de T-Shirt Canopée et ne distribuait pas de tract de l’association. Il s’agissait d’un parfait inconnu. Nous avons constaté cela conjointement avec le salarié d’Alliance Forêts Bois, et lui avons assuré notre soutien aussi bien oralement lors de l’incident que par écrit au cours de la soirée. Dès lors, laisser entendre que ce visiteur puisse être un militant de notre organisation est diffamatoire.

Canopée avait pourtant déjà condamné avec la plus grande clarté les injures, les actes de vandalisme et les menaces de mort envers les acteurs de la filière forêt-bois dans une vidéo publiée plus tôt. Pour toutes nos actions, des règles très strictes de comportement sont systématiquement rappelées aux militants et nous veillons à ce qu’elles soient respectées scrupuleusement.

Le communiqué rédigé par l’UCFF est envoyé à des parlementaires : Canopée réagit immédiatement, en publiant sa réaction dès le lendemain.

La ligne rouge est franchie. Canopée porte plainte pour diffamation et dénonciation calomnieuse.

9 octobre 2023 : La Task Force LinkedIn rétablit la véritable image d'Alliance Forêts Bois

Alliance Forêts Bois essaye de repeindre son image en vert sur les réseaux sociaux… Mais une surprise les attend !

Pour reverdir son image, Alliance Forêts Bois tente d’inonder le réseau social professionnel LinkedIn d’illustrations de belles forêts, de lynx sauvages ou de cueillette de champignons.

C’est ce qu’on appelle du Greenwashing : essayer de se donner une image verte et responsable, alors que la réalité est tout autre.

En octobre 2023, Canopée réunit plus de 200 bénévoles dans un groupe Telegram, pour déprécier les nouvelles publications d’Alliance Forêts Bois et rétablir leur véritable image en commentaires.

Cliquez ici pour voir le résultat en vidéo !

13 septembre 2023 : Canopée enclenche une nouvelle étape de sa stratégie au salon ProDurable

Cette idée est directement inspirée par une tentative d'Alliance Forêts Bois : alerter les financeurs !

Pendant l’été 2023, Alliance Forêts Bois a réagi à la publication de notre enquête en contactant les fondations qui soutiennent Canopée, et en leur demandant de mettre fin à leur soutien.

Aucune fondation n’a retiré son soutien à Canopée : bien au contraire, cette demande montre que notre campagne commence à porter ses fruits.

En revanche, Canopée choisit de reprendre l’idée d’Alliance Forêts Bois à son compte, et de contacter à son tour les entreprises qui financent la coopérative.

Alliance Forêts Bois profite du soutien d’entreprises privées grâce à deux leviers : le Label Bas Carbone, qui permet à des entreprises de financer des projets portés par Alliance, et le fonds de dotation Plantons pour l’Avenir, qui finance en majorité des projets menés par Alliance.

Pour commencer cette nouvelle séquence, Canopée s’invite sur le salon ProDurable à Paris, où Plantons pour l’Avenir tient un stand.

L’action de Canopée est très remarquée pendant les 2 jours du salon : les financeurs comprennent qu’il existe un « risque réputationnel » s’ils choisissent de s’engager avec Alliance Forêts Bois ou Plantons pour l’Avenir, comme on peut le constater dans notre vidéo de résumé d’action.

26 juillet 2023 : Alliance Forêts Bois répond…

… et la justification est un peu facile : Canopée mentirait !

Deux communiqués de réponse à la coupe rase abusive d’Alliance Forêts Bois dans la Vienne sont publiés coup sur coup : ces deux communiqués présentent les recherches de Canopée comme étant mensongères. Canopée est retourné sur le terrain pour faire toute la lumière sur cette affaire.

« C’est proprement honteux, rien n’est vrai, tout est déformé : les chiffres, les images, les techniques, même les lieux sont faux ! » : voici ce que prétend Saïd Difle, le directeur de l’agence d’Alliance Forêts Bois responsable de la coupe abusive de Lésigny dans un post LinkedIn. Néanmoins, le post n’argumente pas cette affirmation.

Peu après, un premier communiqué de réaction est publié. Le communiqué prétend que la zone humide exposée en plein soleil sur laquelle Canopée alerte n’a pas été détériorée : « La mare qu’on voit se situe dans une prairie délaissée où nous n’avons ni coupé, ni reboisé. Nous l’avons laissée telle quelle (respect du milieu humide) ».

Pourtant, après une nouvelle vérification sur le terrain, des arbres ont bel et bien été coupés aux abords immédiats de la mare et même dans la mare, qui se réchauffe rapidement. Plusieurs parties de la mare sont déjà entièrement asséchées et les espèces qui s’y trouvent sont menacées :

Alliance Forêts Bois publiera ensuite un second communiqué, qui nous apprendra que les travaux ont concerné en partie des « résineux mûrs ». Or ces travaux ont bénéficié des subventions du plan de relance, qui ne peuvent concerner que des forêts sinistrées, dépérissantes ou pauvres, mais en aucun cas des « résineux mûrs ».

7 juillet 2023 : La grande offensive. Canopée publie une enquête sur Alliance Forêts Bois et la révèle sur le siège social de l'entreprise

90 pages de révélations sur Alliance Forêts Bois sont dévoilées d'une manière bien spéciale.

Une enquête de 90 pages montre pourquoi le modèle d’Alliance Forêts Bois repose sur les coupes rases et les plantations peu diversifiées, et comment la coopérative propage son modèle. L’enquête est présentée lors d’une conférence de presse organisée directement sur le siège social de l’entreprise, en partenariat avec 7 associations locales.Voici les principaux éléments de cette enquête :

  • Depuis sa création en 2011, l’entreprise, autrefois cantonnée au Massif des Landes de Gascogne, a absorbé 18 autres coopératives concurrentes et s’étend aujourd’hui des Pyrénées jusqu’en Normandie ;
  • Cette concentration s’est traduite par une généralisation du modèle landais de sylviculture intensive : coupe rase, y compris de forêts semi-naturelles, et remplacement par des plantations, le plus souvent des monocultures de résineux comme le montrent nos études de cas dans les Landes, en Vienne, en Dordogne et en Gironde ;
  • 94% des arbres plantés par Alliance Forêts Bois sont des résineux ;
  • En Gironde, la coopérative est même allée jusqu’à raser illégalement une forêt située en zone Natura 2000 ;
  • La coopérative a réussi à tisser un réseau d’influence lui permettant d’orienter le plan de relance et le dispositif France 2030 à son avantage et d’en être l’un des principaux bénéficiaires avec 14,9 millions d’euros d’aides publiques ;
  • La coopérative a créé un fonds de dotation « Plantons pour l’avenir » dont elle est le principal partenaire et le principal bénéficiaire. Ce fonds lui permet de drainer des financements défiscalisés d’entreprises, dont certaines sont des clients ou des filiales d’Alliance Forêts Bois.

Le 7 juillet 2023, 15 activistes de Canopée sont venus rapporter et déposer devant le siège de la coopérative un engin utilisé par l’entreprise pour raser une forêt dans la Vienne et la remplacer par une monoculture de pins.

Notre action permet de braquer le feu des projecteurs sur cette coopérative et de médiatiser notre enquête. Celle ci a par exemple été citée dans les jours qui ont suivi l’action par France 3 Nouvelle Aquitaine, par le journal Sud-Ouest, par Reporterre ou encore par le Youtuber Partager C’est Sympa, dont la vidéo a été vue plus de 110 000 fois :

30 juin 2023 : Une coupe rase géante d'Alliance Forêts Bois fait le buzz

Zone humide exposée en plein soleil, sol haché au rouleau landais, plantation en monoculture… le modèle d'Alliance Forêts Bois se propage.

Alliance Forêts Bois vient de raser plus de 19 hectares de forêt mélangée dans la Vienne, pour planter à la place une monoculture de pins maritimes. Canopée se rend sur place et publie une courte vidéo du chantier sur son compte Instagram : la vidéo sera vue 130 000 fois en quelques jours.

Cette vidéo montre comment le modèle sylvicole classique d’Alliance Forêts Bois, basé sur la coupe rase et la plantation en monoculture, se propage. Historiquement appliqué sur le Massif des Landes de Gascogne, le modèle s’étend désormais dans la Vienne par exemple, comme ici sur la commune de Lésigny.

Le sol de la parcelle a été « passé au rouleau landais », ce qui signifie qu’il a été haché afin de casser les systèmes racinaires superficiels dans le sol. Cette opération prépare le labour, qui consiste en un retournement du sol. Une partie du rouleau a été abandonnée sur la parcelle :

Rouleau landais

Dans cette vidéo, Canopée note aussi qu’une zone humide a été exposée en plein soleil, ce qui pourrait conduire à son assèchement. Ce détail aura son importance par la suite…

7 juin 2023 : Canopée dénonce le Greenwashing d'Alliance Forêts Bois dans une "Surprise Party" épique

La vidéo de l'action ci-dessous vaut le détour. Canopée s'est invité à la conférence Neutrality !

La conférence Neutrality, donnée à Sciences Po, est le grand raout de la compensation carbone. Cette conférence a rassemblé des acteurs de la filière bois et des entreprises privées cherchant à verdir leurs pratiques.

Pour financer ses activités, Alliance Forêts Bois a mis sur pied un système bien huilé : un fond de dotation lui permettant de bénéficier de dons défiscalisés.

Le fonds Plantons pour l’Avenir collecte des dons provenant de plusieurs entreprises privées, comme par exemple Herta, Nestlé, CDiscount encore John Deere – mais aussi Forelite, la pépinière d’Alliance Forêts Bois. Ces dons peuvent être défiscalisés, et servent ensuite à financer des travaux forestiers menés, dans 60 à 80% des cas, par Alliance Forêts Bois.

Mais Canopée s’est invité à la conférence Neutrality à Sciences Po pour dévoiler le système d’Alliance Forêts Bois et dénoncer son greenwashing.

Mai 2023 : Nouvelle révélation de Canopée ! Alliance Forêts Bois détourne le Label Bas Carbone

Ce rapport technique de Canopée sera un socle majeur dans la suite de la campagne.

Le rapport technique de Canopée sur le Label Bas Carbone (LBC) montre les failles du Label. Des entreprises comme Alliance Forêts Bois, qui souhaitent bénéficier du label en le détournant pour poursuivre une politique de plantations en monoculture, ne sont pas suffisamment encadrées.Le Label Bas Carbone comporte de nombreuses failles, qu’Alliance Forêts Bois exploite à son avantage :

  • Le Label Bas Carbone n’intègre pas suffisamment les enjeux de préservation de la biodiversité. Il prévoit bien un diagnostic biodiversité et l’interdiction d’un certain nombre de pratiques dommageables au sol mais avec des exceptions, des contradictions et surtout un manque de contrôle.
  • Le Label Bas Carbone n’offre pas assez de garanties pour préserver les stocks de carbone existant en forêt. Aujourd’hui, le faible nombre de méthodes validées conduit à concentrer 99% des projets sur de la plantation, au détriment de l’amélioration des forêts existantes. Une des failles majeures du Label Bas Carbone est de considérer qu’une forêt est condamnée, et peut donc être rasée, lorsque 20% des arbres sont jugés dépérissants. Dans de nombreuses situations, ce seuil est insuffisant.
  • Le Label Bas Carbone se heurte à de nombreuses limites méthodologiques pour chiffrer les gains carbone réels d’un projet. Ces limites ne sont pas spécifiques au Label Bas Carbone, mais elles soulignent l’importance de mieux encadrer la communication. L’absence de transparence sur les projets hypothèque également sérieusement la crédibilité du Label Bas Carbone.

Alliance Forêts Bois porte des projets dans le cadre du Label Bas Carbone : 67% des projets comprennent des essences résineuses comme le pin laricio (23% des projets), le pin maritime (20% des projets) ou le douglas (20% des projets).

11 février 2023 : Ça bouge ! Le Syndicat des Sylviculteurs du Sud-Ouest (SYSSO) prend position

Cette décision ne sera pas sans conséquences pour Alliance Forêts Bois…

Lors d’un débat avec Canopée, le SYSSO, qui représente les propriétaires forestiers privés du Massif des Landes de Gascogne, s’exprime contre les coupes rases de feuillus et leur remplacement par des monocultures de résineux : une pratique d’Alliance Forêts Bois. La coopérative Alliance a quant à elle préféré esquiver le débat en refusant l’invitation, ce qui l’isole dans le débat public.

« Le syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest confirme son opposition à l’exploitation industrielle, sur le Massif des Landes de Gascogne, des peuplements naturels de feuillus pour le bois-énergie suivie de la transformation systématique de ces peuplements en résineux » : voilà ce que dit le communiqué publié par le SYSSO à la suite du débat.

Une prise de position nouvelle qui met Alliance Forêts Bois dans l’embarras : la coopérative, invitée au débat à plusieurs reprises, a refusé d’y participer et de s’expliquer sur ses méthodes.

Le résumé du débat :

Septembre 2022 : Une sylviculture sans coupes rases abusives, c'est possible

Un rapport publié par Canopée avec 10 gestionnaires forestiers indépendants montre les alternatives aux coupes rases prônées par Alliance Forêts Bois dans les peuplements pauvres.

Face à une forêt jugée « pauvre » ou « vulnérable », la solution choisie par les coopératives forestières comme Alliance Forêts Bois est souvent bien simple : raser et replanter. Mais il est tout à fait possible de faire autrement : les alternatives sont plus respectueuses de l’écosystème en place et rentables économiquement. C’est ce que montre ce rapport piloté par l’expert forestier Gaëtan du Bus et rédigé avec le concours de 10 experts forestiers indépendants.

L’étude montre notamment que :

  • Jusqu’à 15 000 € l’hectare, une forêt peut être qualifiée de « pauvre ». La valeur moyenne d’une forêt en France est de 4120 € par hectare : une large majorité des forêts françaises est donc exposée à une coupe rase et à un reboisement avec des subventions publiques.
  • La valeur de l’ensemble des services fournis par la forêt est de l’ordre de 1000 € par hectare et par an, soit en moyenne 5 fois la valeur de la seule production de bois.
  • Les travaux d’amélioration d’une forêt sont jusqu’à 10 fois moins coûteux qu’une transformation lourde, comme une coupe rase, et peuvent être plus rentables économiquement.

Le plan de relance du gouvernement, dont l’élaboration a été influencée par Alliance Forêts Bois, encourage le remplacement de forêts « pauvres » par des plantations :

18 octobre 2022 : Première victoire d'étape !

L'Assemblée nationale met fin aux avantages fiscaux des grandes coopératives forestières comme Alliance Forêts Bois.

Lors du vote de la loi de finances pour 2023, l’Assemblée nationale supprime l’avantage fiscal dont bénéficiaient les grandes coopératives forestières pour les travaux forestiers. Cette décision est le résultat direct des actions de plaidoyer de Canopée, qui alertaient sur cet avantage injustifié.

Au fil des années, le lobbying assidu des grandes coopératives auprès des pouvoirs publics leur a permis d’obtenir plusieurs avantages dont sont privés les gestionnaires forestiers indépendants. Par exemple : un taux d’aides amélioré pour les travaux forestiers menés par des propriétaires adhérant à une coopérative.

Alliance Forêts Bois pouvait se vanter sur son site : “Elles [les aides DEFI] comportent également des aménagements importants au profit des adhérents d’ Organisations de Producteurs, comme Alliance”. En clair : le taux du crédit d’impôt DEFI (Dispositif d’Exonération Fiscal à l’Investissement) était de 18% pour l’ensemble des acteurs de la filière et de 25% pour les adhérents à une coopérative comme Alliance.

Dans la loi de finances pour 2023, le gouvernement propose, par l’intermédiaire du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, d’augmenter ces taux – en maintenant un avantage pour les coopératives. L’amendement 3433 visait à faire passer les aides à 25% pour l’ensemble des acteurs, et 33% pour les adhérents à une coopérative.

Mais Canopée avait préparé son coup. Un séminaire pour les députés avait déjà été organisé en septembre 2022 sur le sujet de la gestion forestière à la Maison de la Chimie : des liens ont pu être tissés avec des députés de plusieurs partis sur cette question.

Ainsi, Canopée alerte dès le mois d’octobre 2022 les députés et députées sur cette disposition et plusieurs sous-amendements ont été déposés pour supprimer cet injuste avantage. Sandrine Le Feur, députée du Finistère (Renaissance) dépose l’amendement 3516 en ce sens. Eric Coquerel, député de Seine Saint Denis (La France Insoumise) et Chantal Jourdan, députée de l’Orne (Parti Socialiste), déposent des sous-amendements similaires (3538 et 3530). Les députés du Jura, Marie-Christine Dalloz et de la Haute-Loire (Les Républicains), Jean-Pierre Vigier (Les Républicains) sont également avertis.

Malgré quelques tentatives désespérées des coopératives forestières pour s’accrocher à leur avantage, comme par un exemple un courrier envoyé par la coopérative COFORET aux Sénateurs demandant une aide pour “l’établissement d’un taux bonifié à 33%”, le sous-amendement de Sandrine Le Feur est adopté.
Les coopératives forestières comme Alliance Forêts Bois sont désormais sur un pied d’égalité avec les gestionnaires forestiers indépendants : leur avantage fiscal a été supprimé.

Mars 2022 : Un rapport épingle le plan de relance du gouvernement et l'influence d'Alliance Forêts Bois

Les révélations de Canopée sont reprises par les médias, jusqu'au journal de 20 heures de France 2.

Le plan de relance forestier du gouvernement incite aux coupe rases : 87% des projets financés impliquent des coupes rases. L’arbre le plus planté est le Douglas, un arbre particulièrement bien adapté aux usages industriels. Et Alliance Forêts Bois a participé à l’élaboration de ce plan.

Les projets forestiers financés dans le cadre du plan de relance forestier sont tenus secrets : impossible d’obtenir une liste des parcelles sur lesquelles des travaux ont été financés avec de l’argent public. Pourtant, le Ministre de l’agriculture de l’époque, Julien Denormandie, avait promis : « Tous les projets sont par définition publics. Moi, je ne cache rien. C’est d’une transparence totale. »

Canopée a donc mené l’enquête directement sur le terrain, et a obtenu des données internes aux Ministères :

  • 87% des projets financés par le plan de relance impliquent des coupes rases ;
  • Une forêt peut être rasée si elle est considérée comme « pauvre » ou « vulnérable » : les critères permettant de caractériser ainsi les forêts sont trop flous voire inexistants ;
  • L’arbre le plus planté grâce au plan de relance est le douglas. Cet arbre n’est pourtant pas particulièrement bien adapté au changement climatique. En revanche, c’est l’arbre parfait pour industrialiser davantage la gestion forestière ;

Alliance Forêts Bois a participé à l’élaboration des critères du plan de relance. Quelques mois après la parution de notre enquête, Stéphane Viéban, le directeur général d’Alliance Forêts Bois, commentera l’élaboration du plan de relance : « On a vraiment fait ça ensemble avec l’administration, que ce soit au niveau régional ou au niveau national ». Lors de l’Assemblée Générale 2022 d’Alliance Forêts Bois, Stéphane Viéban a également expliqué qu’Alliance Forêts Bois avait d’ores et déjà touché 8,9M€ de subventions grâce au plan de relance en 2021, et prévoyait de toucher 6M€ supplémentaires en 2022, soit un total de 14,9M€.

La communication du gouvernement autour du plan de relance présente Alliance Forêts Bois comme un partenaire privilégié, et présente la coopérative sur les affiches publicitaires (voir pages 15-16 du rapport).

Les critiques de Canopée seront notamment reprises par le journal de 20 heures de France 2 :

22 septembre 2021 : Canopée décerne un prix spécial à Alliance Forêts Bois et lance la campagne

À FOREXPO, Alliance Forêts Bois pensait être en terrain conquis. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu.

FOREXPO, le « salon européen de la sylviculture et de l’exploitation forestière », réunit tous les 4 ans les tenants d’une exploitation forestière intensive. Sur ce salon, la « machine forestière de l’année » est récompensée par un trophée. Mais cette année, la remise du trophée a pris une tournure inattendue : une dizaine de militants de Canopée et de l’association locale Landes Environnement Attitude détournent cet événement en le transformant en remise du trophée « du plus gros destructeur de biodiversité ». Le lauréat : Alliance Forêts Bois, pour ses coupes rases dans les dernières rares forêts de feuillus du massif des Landes de Gascogne. 

Objectif atteint pour ce lancement de campagne : plusieurs médias reprennent les critiques formulées par Canopée, comme la chaîne Public Sénat dans un très bon documentaire consacré à la gestion forestière française ou encore le média en ligne Reporterre dans un article spécialement consacré à cette action.